Avec
bientôt près de 70 % du PIB d'endettement public, l'Etat
est sans aucun doute trop endetté. Mais à l'inverse,
avec un endettement équivalent à 60 % de leur revenu
disponible, les ménages français sont parmi les moins
endettés des pays développés.
Le
budget de l'Etat est un outil d'intermédiation financière.
Il permet de financer des investissements socialement
utiles ne répondant pas aux critères du marché.
L'EXCEPTION
QUI CONFIRME
LA REGLE
Avec
un taux d'épargne
parmi les plus élevés des pays développés, pas plus
que la France les Français ne vivent au-dessus de leurs
moyens.
On a beau dire que les générations actuelles vivent
sur le dos des générations futures en accumulant de
la dette publique, c'est une consommation plus faible
que dans les autres pays développés qui ressort des
chiffres français, et un investissement presque entièrement
financé par l'épargne nationale.

On
peut faire le même raisonnement pour le déficit de l'assurance-maladie,
qui sert à soigner les enfants et leurs parents qui
les éduquent. Rien ne permet d'affirmer aujourd'hui
que l'avenir est sacrifié au présent et que le bilan
des transferts entre générations est négatif pour les
plus jeunes.
Sans
compter l'importance de l'aide gratuite que les parents
et les grands-parents
consentent aux jeunes adultes.
Les
choses se gâtent quand l'endettement public explose
en même temps que celui des ménages et que la dette
extérieure s'envole, comme aux Etats-Unis.
La France n'en est pas là.
Il ne s'agit pas pour elle de vivre plus en rapport
avec ses moyens, mais de lutter contre les gaspillages,
d'améliorer la productivité de sa dépense publique,
de faire évoluer sa spécialisation internationale et
d'investir assez pour renouer avec une croissance forte
grâce à laquelle la hausse du rendement de l'impôt et
la baisse des dépenses induites par le chômage permettront
de mettre un terme à la paupérisation de l'Etat.